Univers

Histoire

L’Avant : Le Monde Vert

Residuum portait autrefois un autre nom. Les archives du Dôme l’appellent parfois « Verdant IV », mais ce nom a été effacé des registres officiels. Quand exactement ? Les archives se contredisent. Certaines disent des siècles. D’autres parlent de générations. Le Dôme ne corrige pas — l’imprécision l’arrange.

C’était une planète de colonisation prometteuse : océans peu profonds, forêts tempérées, un climat stable. Les colons parlaient d’avenir, de terres fertiles, de construire quelque chose de durable.

Personne vivant aujourd’hui n’a connu le Monde Vert. Il ne reste que des histoires transmises de bouche en bouche, déformées à chaque passage. L’eau qui coulait librement. Les fruits qui poussaient sans effort. Le ciel d’un bleu si pur qu’il semblait irréel. Ces souvenirs sont devenus des légendes, puis des contes pour enfants, puis des mythes douteux. Aujourd’hui, peu de gens croient vraiment que Residuum fut autre chose qu’un désert.

Les Nomades, eux, n’en parlent pas comme d’un souvenir. Ils en parlent comme d’une promesse. Leurs Anciens disent que le désert se souvient de ce qu’il était — que sous le verre et la cendre, quelque chose respire encore. On peut choisir de les croire ou non. Mais ceux qui traversent le désert la nuit, seuls, quand Selene chante et que le silence devient trop épais… ceux-là ne rient plus des croyances Nomades.

Le Bombardement : La Cicatrice

Personne ne sait vraiment quelle guerre a frappé Residuum. Personne ne sait quand exactement. Les versions divergent :

  • Version officielle du Dôme : « Conflit territorial entre corporations minières. Residuum était un dommage collatéral. »
  • Version de Lacnoir : « Guerre coloniale. Nous étions une base militaire oubliée. »
  • Version des Nomades : « Les dieux nous ont punis pour notre arrogance. La terre a hurlé, et le ciel a répondu. »

Ce qui est certain : le bombardement a été massif, systématique, et définitif. Des armes orbitales ont vitrifié la surface. Les océans se sont évaporés en vapeur radioactive. Les forêts ont brûlé en quelques heures. Le ciel s’est obscurci pendant des années. Quand les nuages se sont dissipés, Verdant était méconnaissable.

Les colons survivants — ceux qui s’étaient réfugiés dans les bunkers souterrains — ont émergé dans un monde mort. Pas de secours. Pas de vaisseaux. Les routes commerciales avaient été redirigées. La guerre était terminée ailleurs, et Residuum n’était plus qu’une note de bas de page dans un rapport perdu.

Combien de temps s’est écoulé depuis ? Assez pour que la vérité se perde. Assez pour que trois factions bâtissent trois mondes différents sur les mêmes ruines. Pas assez pour que le désert ait fini de tuer.

Aujourd’hui : L’Abandon

Verdant n’existe officiellement plus sur la plupart des cartes stellaires. Les quelques vaisseaux qui transitent le système ignorent la planète : pas de balises, pas de profit, pas de raison de s’arrêter. Les descendants des colons sont piégés, non par des murs, mais par l’indifférence galactique.

La planète est devenue un désert hostile : tempêtes de sable radioactif, températures extrêmes, eau rarissime. Pourtant, des dizaines de milliers de personnes survivent. Chacun à sa manière.

Le Dôme s’est refermé sur lui-même. Derrière ses murs hermétiques, une société contrôlée, stratifiée, où la technologie maintient l’illusion d’une civilisation. La reproduction elle-même y est gérée — les cuves maternelles ont largement remplacé la naissance naturelle, optimisant la démographie comme on optimise une chaîne de production. Le Dôme ne laisse rien au hasard. Surtout pas la vie.

Lacnoir s’est construite autour de son aquifère — cette source d’eau souterraine que personne ne peut vraiment expliquer, et que tout le monde préfère ne pas questionner. Ville de boue et d’acier, elle survit par le commerce, la force et l’obstination.

Et dans le désert, les Nomades marchent. Ils disent que le sable leur parle, que les anciens chemins se révèlent à ceux qui savent écouter. Les gens du Dôme appellent ça de la superstition. Les gens de Lacnoir appellent ça de la folie utile — parce que les Nomades trouvent des routes que personne d’autre ne voit, des points d’eau que les cartes ignorent, des passages que le désert semble leur offrir. Comme s’il les reconnaissait.

Residuum n’est plus une colonie. C’est une prison à ciel ouvert.

Lieu

L’univers de Residuum est violent.

Sur Residuum, personne ne vous sauvera. Le Dôme vous ignore. Lacnoir vous exploite. Le désert vous tue.

Mais vous êtes encore en vie.

Alors qu’allez-vous faire de cette vie ?

Bienvenue sur Residuum. Essayez de ne pas mourir trop vite.

Le Dôme Lacnoir Le Désert